On n’est pas obligés de mal manger !
Thérèse Snoy, sur base du programme Ecolo
« Manger sain, manger bio, choisir des produits de qualité, respectueux de l’environnement, issus du commerce équitable, ça coûte cher… », rétorque-t-on souvent au promoteur d’une alimentation plus écologique.
Pour Ecolo, il est urgent de changer de regard sur la notion même du coût de l’alimentation.
Au niveau collectif, ce sont les choix industriels du modèle actuel qui coûtent cher en termes d’empreinte écologique. Pollution de l’eau, perte de fertilité des sols, diminution de l’emploi et du revenu agricole chez nous, exploitation des plus pauvres de ce monde, catastrophes sanitaires (dioxine, peste aviaire, langue bleue, vache folle…), transports polluants, suremballage des produits, animal « machine », augmentation des maladies cardio-vasculaires, des allergies, des cancers et de l’obésité… Les coûts de la malbouffe sont immenses mais ils sont collectivisés et ne sont pas exprimés dans le prix des produits à la caisse. Le poulet à 4 € le kilo semble bien bon marché à la caisse du supermarché, mais qui a conscience de ses coûts cachés payés ?
Pour Ecolo, développer le chemin vers une alimentation écologique, c’est faire le choix du plaisir , de la qualité de vie mais aussi du développement durable, le choix d »internaliser’ les coûts réels du système production-consommation de façon à éviter la constitution de dettes cachées, le choix de ne pas faire payer à nos enfants les conséquences de nos choix actuels et de réduire notre empreinte écologique. C’est aussi rendre sa noblesse aux aliments frais et variés de nos producteurs en préférant la « slow food [1] » à la « junk food » !
Un avenir durable pour l’agriculture ?
ECOLO défend le principe de la souveraineté alimentaire , qui favorise le maintien d’une agriculture locale de proximité destinée à alimenter les marchés régionaux. L’autonomie des paysans et les cultures vivrières sont favorisées.
Au niveau européen, une révision de la PAC s’impose dans le sens d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement et plus intensive en emplois, en conférant plus de moyens aux mesures agri-environnementales, au développement des produits de qualité et à l’investissement dans la formation… Il faut donc o rienter les aides de la PAC en fonction de ses objectifs : modulation des aides sur base de critères liés à l’emploi et à l’environnement, soutien accru à l’agriculture bio et à l’élevage extensif, élargir les mesures agri-environnementales à des plans de gestion intégrée des territoires.
Au niveau fédéral, l’AFSCA [2] (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire ) doit évoluer en vue de devenir une véritable agence fédérale de la qualité alimentaire et pas seulement de la qualité sanitaire. Dans l’élaboration, la mise en œuvre et le contrôle des normes sanitaires, il est primordial de veiller à la pérennisation de nos artisans, traditions culinaires et relations commerciales de proximité.
Il faut aussi sortir l’agriculture de sa dépendance aux pesticides . Le Plan fédéral de réduction des pesticides n’a pas les résultats suffisants et doit être renforcé à tous niveaux.
La politique des organismes génétiquement modifiés doit être axée sur le principe de précaution, le respect de la volonté du citoyen et l’accroissement de la durabilité de l’agriculture chez nous et à travers le monde. A l’instar de quatre autres pays européens [3] , la Belgique doit adopter la clause de sauvegarde qui lui permet de refuser l’entrée d’OGM autorisés au niveau européen sur son territoire. Ecolo propose que la Belgique se proclame « territoire sans OGM », rejoignant en cela une initiative de 25 régions européennes regroupées autour de la charte de Florence.
Et pour nous consommateurs ?
Indépendamment d’une réflexion à développer sur la consommation de viande, le développement des filières de production de viande « de qualité différenciée » nécessite à la fois une limitation des élevages intensifs, une amélioration des normes de bien-être des animaux et une politique de la demande grâce aux commandes des autorités publiques.
Sachant qu’aujourd’hui 80 % des produits « bio » consommés en Belgique sont importés, le développement d’une filière biologique doit être prioritaire. Avec une véritable volonté politique, les grands et petits commerces peuvent être amenés à vendre beaucoup plus de produits du terroir ou bios disposant des labels officiels. Il y a lieu d’impliquer les pouvoirs locaux dans des dynamiques territoriales favorisant des liens directs entre producteurs locaux et consommateurs à travers des démarches d’éducation permanente. Le développement des groupes de consommateurs et les centrales d’achat faciliteront l’accès aux produits frais.
Mettre concrètement en œuvre les préceptes de la souveraineté alimentaire que nous défendons implique aussi d’agir face au secteur de la grande distribution dans notre pays. Ce secteur se bat pour obtenir les prix les plus bas pour tous les consommateurs en mettant sous pression tous les producteurs et transformateurs des produits agricoles dont les diminutions de rémunération sont partiellement compensées par des primes dont les montants sont prélevés sur les finances publiques.
Outre une production intensive chez nous pas toujours respectueuse de l’environnement, ce phénomène entraîne également une augmentation des transports de marchandises en Europe et dans le monde.
Ecolo propose d’agir pour obtenir une directive européenne en vue de réguler le marché des produits agricoles. Cette régulation impliquera des obligations en termes de quantité de produits issus des pratiques durables à respecter par toutes les centrales d’achats de la grande distribution. Elles doivent être amenées à :
· acheter des produits agricoles le plus près possible de leurs zones de vente afin de réduire les transports de marchandises ;
· acheter à des prix imposés par les pouvoirs publics les produits issus de pratiques agricoles durables, produits vendus aux consommateurs à des prix accessibles au plus grand nombre. Les quantités de produits à acheter seront en augmentation pour chaque centrale d’achat en fonction de la progression des pratiques agricoles durables.
Les pratiques durables feront l’objet d’un cahier de charges précis pour toutes productions, des quotas par producteur et la mise en place d’un système de contrôle du respect de ces engagements par des groupements agricoles.
[1] Plus d’information sur le concept de « slow food » : http://www.slowfood.com/
[2] Site internet de l’agence : http://www.afsca.be/
[3] France, Allemagne, Grèce et Luxembourg et ce en vertu de l’article 23 de la directive 2001/18.
Je commence à penser sérieusement à monter une centrale d’achat sur Braine l’Alleud.
Ce genre d’initiative existe-t-il sur la commune?
Qui a des conseils à donner sur le sujet ou connait des agriculteurs susceptibles d’être intéressés?
Il s’agit d’acheter dans un LIEU DE PRODUCTION le plus proche possible: Vlaams Brabant ook welkom…
Merci
Bonjour,
Il serait urgent & bien utile en Belgique de prendre exemple sur nos voisins français qui se sont regroupés en association pour le maintien d’une agriculture paysane ( AMAP )Plus de détails, voire sur le net !
Connaissez-vous un agriculteur ou un endroit ou je pourrais acheter des produits frais, issus de l’agriculture bio ????
Bien à vous,
Michel Dalton
Dans le Brabant Wallon, je connais la ferme de Sainte-Barbe, qui vend ses « paniers bio »: légumes et fruits de saison pour vraiment pas cher! Sinon, il y a toujours les petits vendeurs sur les marchés…