Champs électro-magnétiques et santé: Critique de la brochure du SPF Santé publique en 5 points

Suite à la parution le 25 juin dernier d’une brochure du SPF Santé publique, la Ministre Onkelinx s’est vantée d’informer et de sensibiliser le consommateur par rapport aux risques électromagnétiques. Outre le fait que la sensibilisation ne peut être considérée comme suffisante comme acte politique de santé publique, cette brochure nous paraît insatisfaisante pour plusieurs raisons…

1. Des sources scientifiques incomplètes:

Les sources scientifiques citées sont l’ICNIRP qui n’a pris en compte que les effets thermiques, et le SCENIHR qui reconnaît des « zones d’ombre ». Pourquoi ne pas citer le rapport « bio-initiative » et les études « Reflex » pourtant commandées par la Commission européenne, ou encore le rapport « Interphone », étude épidémiologique menée en parallèle dans différents pays de l’UE. Si on cite l’étude de l’UCL sur les rats, on ne fait pas mention de ses résultats parus récemment et qui sont alarmants. Un rapport du Conseil supérieur de la santé est cité en référence. Étrangement, ce rapport date de février 2008, mais ne nous est communiqué que fin juin ! Ce rapport reconnaît l’existence d’effets biologiques des rayonnements non ionisants (et en particulier des micro-ondes pulsées). Cependant, dit-il, ces effets ne sont pas nécessairement nocifs, cela dépend des mécanismes de défense corporels.  Le Conseil Supérieur de la Santé conclut qu’il faut être prudent; or…

2. L’interprétation du principe de précaution:

A la lecture de la brochure du SPF santé publique, on ressent un certain parti pris en faveur de la norme fédérale actuelle: « le principe de précaution n’implique pas que les autorités renforcent immédiatement le cadre législatif… L’abaissement systématique de la limite d’exposition à l’un ou l’autre niveau arbitraire est déconseillé » (p.13) Comme si le niveau de la norme actuelle n’était pas aussi un arbitraire, comme si il n’y avait aucune validité scientifique lorsque de nombreux scientifiques proposent des seuils plus bas ! Ainsi, il est fait mention du principe ALARA (as low as raisonably achievable), (p.13) également, mais on peut dire qu’ils n’en tirent pas les bonnes conclusions. Nulle part d’ailleurs il n’est fait mention des conséquences réelles qu’aurait un abaissement de la norme sur le bien-être du citoyen ou sur les intérêts socio-économiques. Or un abaissement de la norme à 3V/m n’entraînerait pas de réels inconvénients pour l’utilisateur, mais diminuerait sensiblement le risque sanitaire.

A la question (p.18) « pourquoi ne pas interdire le placement d’antennes autour des écoles ? », il est répondu qu’il peut y avoir d’autres sources plus puissantes dans les environs ! Est-ce une bonne raison ? D’autant plus que les sources plus puissantes sont rares et essentiellement concentrées à proximité de sites d’émission radio-télé.

Enfin l’intégration du facteur « temps » est manquante. Ainsi (p.17) on parle d’exposition du corps au rayonnement pendant une période de 6 minutes. Mais quid si l’exposition est prolongée et même si elle est basse mais permanente ? De même le schéma final sur les niveaux d’exposition (p.32) néglige également le facteur temps.

3. L’information du public:

Quand on lit (p.15) que le fabricant publie la valeur du DAS des GSM mis en vente, il faut croire que les auteurs ne sont pas allés voir en magasin, où ils auraient vu que cette information n’est pas réellement accessible, même si elle figure quelque part dans les notices d’accompagnement des appareils. Rien n’est fait au moment de la vente pour encourager à choisir un appareil au DAS moins élevé ou l’achat d’accessoires qui préviennent le risque comme les oreillettes. Or, c’est un moment clé pour sensibiliser le public !

La brochure est d’ailleurs encore trop longue et complexe pour un public jeune ou non formé. Quel accompagnement recevra-t-elle pour qu’elle atteigne réellement le grand public et en particulier les jeunes ? Elle devrait se doubler d’une déclinaison plus succincte et accessible.

4. La prise en compte des personnes hyper électrosensibles:

On ne peut qu’être choqué en lisant (p.20) que la prise en compte de l’hyper électrosensibilité de certaines personnes n’est pas à l’ordre du jour, puisque « ces plaintes n’ont aucune base scientifique ». Par contre, (p.29 et 30) on admet que les symptômes sont réels et que ces personnes doivent bénéficier d’une écoute et d’un « soutien émotionnel ». On devrait prévoir des zones « sans ondes », comme cela existe déjà dans certains lieux publics au Japon. Les personnes hyper électrosensibles sont parfois privées d’accès aux lieux publics et c’est inadmissible.

5. Quant aux conseils donnés:

Mon impression est qu’ils rendent un peu schizophrènes, dans la mesure où on lit tout le temps qu’il n’y a pas vraiment de danger, mais qu’il faudrait néanmoins prendre des précautions. On aimerait quand même que les ministres en charge prennent enfin leurs responsabilités dans ce dossier ! Il y va de notre bien-être et de notre santé !

Thérèse Snoy

Comments (3)

Eric Jenaerjuillet 5th, 2008 at 14:05

Je déplore une nouvelle fois que nos autorités se basent sur des « études de provocation », le plus souvent menées par des psychologues, pour nier que les symptômes des « électrohypersensibles » (EHS) sont liés à leur exposition aux champs électriques. On met un EHS devant un émetteur, et on lui demande si c’est allumé ou éteint, un peu comme on a demandé à Jésus de marcher sur l’eau. Quand nos autorités vont-elles admettre qu’un être vivant n’est pas une ampoule électrique, dont on s’attend à ce qu’elle s’allume ou s’éteigne immédiatement lorsqu’on enclenche l’interrupteur ? Le temps de réaction (charge, décharge) peut prendre des heures ou des jours, rendant inutiles et même grotesques les « études de provocation ».

Il y a de plus en plus de gens qui souffrent des mêmes symptômes physiques et mentaux (dépression) que les EHS. Sans doute que la plupart souffrent des rayonnements sans le savoir. Au moins les EHS sont parvenus à trouver la cause de leur mal-être, et mériteraient un peu plus de respect. Or nous avons le monde entier contre nous, OMS, médecins, autorités, utilisateurs moqueurs… Tous disent la même chose : « vos souffrances sont bien réelles, mais proviennent de problèmes psychologiques, et si elles sont apparues en même temps que les nouvelles technologies à micro-ondes, hé bien ce n’est qu’un hasard ».

Ils se basent non seulement sur ces « études de provocation », mais aussi sur une base scientifique très rudimentaire consistant à comparer les micro-ondes des nouvelles technologies, avec les autres ondes radio utilisées sans problème depuis le début du XXème siècle : elles présentent moins de risque puisqu’elles pénètrent moins dans le corps (cfr aide-mémoire 304 de l’OMS). Leur comparaison s’arrête là alors que les différences sont bien plus complexes. Citons seulement la modulation et la fréquence.

La modulation : le 25 juin 2008, le Conseil Supérieur de la Santé qui dépend du ministère de la Santé, a émis un avis de prudence qui se termine par cette phrase : »le corps humain pourrait être capable de démoduler les ondes pulsées et modulées ». C’est très grave. Cela signifie que l’énorme quantité de signaux électriques « 1″ et « 0″ transmis par ces ondes, au lieu de passer dans un cable, sont éparpillés dans les airs, traversent murs et planchers, pour venir électrocuter notre corps en même temps qu’ils forment une image porno sur l’écran d’ordinateur ou de gsm de votre voisin !!!

Remarquez qu’au plus grande est la densité de logements, au plus il y a d’émetteurs wi-fi et dect, donc au plus il y a de « 1″ et « 0″ qui nous électrocutent chaque seconde, jour et nuit. De plus, c’est dans les quartiers de logements sociaux qu’on trouve le plus d’antennes-relais sur les toits, lesquels sont encore les plus grands pourvoyeurs de « 1″ et « 0″. Merci Madame la socialiste Onkelinx, chargée de veiller sur notre santé, de laisser faire çà !

La fréquence : lorsque l’OMS a publié son aide-mémoire, Einstein a dû se retourner dans sa tombe, lui qui a reçu le prix Nobel pour avoir montré qu’au plus la fréquence augmente, au plus gros sont les photons (mentionnés pour la première fois dans la brochure Onkelinx, çà j’applaudis). Les micro-ondes sont précisément des rayonnements de haute fréquence. Nous sommes donc sans arrêt bombardés de photons, qui sont des « boulets » d’énergie. Au contraire des photons de la lumière, les photons des micro-ondes traversent notre peau. Ce qu’il advient de ces paquets d’énergie, là où le rayonnement radio s’arrête (dans les muscles, les nerfs, les yeux, le cortex), c’est cela qui devrait inquiéter nos savants médecins !

Et bien sûr aussi la population… mais la plupart des gens n’ont aucune idée de ce qu’est un rayonnement, ont une confiance aveugle, en ce qui est permis, vendu en grande surface, installé sur les toits avec des autorisations officielles, et en ce que le médecin dit. S’ils sont malades, ils prennent un médicament. Si c’est pire, ils se font charcuter et basta. Ce qui compte pour eux, c’est qu’il n’y a pas de fil. Ce qu’il y a à la place, ils s’en fichent, c’est quand même invisible. Certains en ont bien profité, et en profitent encore, mais plus pour longtemps. Un bon conseil aux actionnaires : VENDEZ !

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