Questions orales à la ministre de la Santé publique Laurette Onkelinx en matière de santé

Le 26 janvier 2010, j’ai posé une série de questions orales à la ministre de la Santé publique Laurette Onkelinx en matière de santé.


> La formation du généraliste pour qu’il prescrive moins de benzodiazépines

Ma question porte sur l’inquiétante consommation de médicaments anxiolytiques tels que les benzodiazépines pour remédier au stress, à l’insomnie et à l’anxiété. En dix ans, le nombre de doses journalières en moyenne d’antidouleurs et de calmants a augmenté de quelque 15% ! Face à ce problème, la ministre a pris toute une série de mesures dont la formation de 2.500 généralistes et de la quasi-totalité des pharmaciens sur le suivi des patients souffrant d’insomnie ou encore une campagne de sensibilisation lancée en 2009 et destinée au public et aux professionnels de la santé.

Malgré ces mesures encourageantes, j’ai néanmoins souligné l’importance de la valorisation de l’acte intellectuel des généralistes qui, sous la pression du nombre élevé de consultations par jour, sont davantage tentés par l’acte de prescription que par le travail d’écoute qui, selon moi, est primordial pour aider les patients à s’en sortir.

> Le bisphénol A

Bonne nouvelle : Suite à la publication de nouvelles études qui démontrent les effets nocifs du bisphénol A (substance présente dans les emballages alimentaires en plastique dur) pour la santé des consommateurs, la ministre a annoncé que le bisphénol A était en cours de réévaluation par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments). L’avis de l’EFSA est attendu pour le mois de mai. Je reste attentive et questionnerai la ministre au sujet des résultats de cette réévaluation.

> L’accès aux traitements des personnes atteintes de psoriasis et la création de centres de jour

La ministre a annoncé qu’un comité va actualiser les informations concernant le traitement du psoriasis et évaluer les besoins en centres de traitement pour les patients qui en ont besoin. Je reste attentive à la proposition concrète qui doit arriver fin mars. En outre, dans le cadre des initiatives 2010 du programme « maladies chroniques », la ministre a décidé d’allouer 750.000 € pour améliorer le remboursement des produits dermatologiques.

Malgré ces mesures positives, j’estime que le non remboursement des traitements biologiques aux personnes dont moins de 10% de la peau sont touchés reste problématique et je pense qu’il est indispensable de prendre en considération l’aspect visibilité en lien avec la vie sociale.

Pour lire le texte intégral de mes interventions…

COMMISSION DE LA SANTE PUBLIQUE, DE L’ENVIRONNEMENT ET DU RENOUVEAU DE LA SOCIETE du
MARDI 26 JANVIER 2010 Après-midi

Questions jointes de
- Mme Thérèse Snoy et d’Oppuers à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l’Intégration sociale, sur « la formation du généraliste pour qu’il prescrive moins de benzodiazépines » (n° 17939)

- Mme Colette Burgeon à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l’Intégration sociale, sur « la surconsommation belge de calmants » (n° 18728)

Colette Burgeon (PS): Madame la présidente, madame la vice-première ministre, la DrugLijn, ligne d’assistance téléphonique flamande, a récemment déclaré que la Belgique occupait la première place des pays consommant le plus de calmants. Le plus inquiétant est le doublement en dix ans des appels reçus par la DrugLijn s’agissant de la dépendance aux médicaments, pour laquelle elle reçoit plus de demandes d’aide que pour la dépendance aux drogues.

Il semblerait que les Belges aient acheté 600 000 calmants par jour en 2009, soit une hausse de 15 % par rapport à il y a à peine trois ans!

Madame la vice-première ministre, confirmez-vous l’inquiétant constat posé ce week-end par la DrugLijn? Disposez-vous de données plus détaillées quant à ce dossier? Comment pouvons-nous expliquer cette surconsommation belge par rapport à nos voisins européens?

Je vous sais active. Donc, en ce domaine, quelles mesures spécifiques avez-vous déjà prises pour circonscrire cette surconsommation? Quelles sont celles qu’il faudrait encore prendre?

Thérèse Snoy et d’Oppuers (Ecolo-Groen!): Madame la ministre, je dois vous poser la même question sur cette inquiétante consommation de médicaments anxiolytiques tels que les benzodiazépines.

Mon propos porte plus précisément sur le rôle du généraliste dans la prescription de ces médicaments. Sans doute par excès d’empathie avec certains de leurs patients, les généralistes délivrent une telle ordonnance. Sans chercher à le leur reprocher, je me demandais comment leur donner des outils pour trouver des solutions de rechange à ce type de prescription.

Ne peut-on envisager que les médecins ne consacrent une formation spéciale aux problèmes de l’anxiété et de l’insomnie et aux formes d’assuétudes pharmacologiques, comme c’est le cas pour le tabac?

Laurette Onkelinx, ministre: Mesdames, je puis vous dire que je partage votre inquiétude sur l’utilisation excessive de médicaments anxiolytiques et sédatifs tels que le benzodiazépine. Je vous confirme que, selon les données de l’IMS, le nombre de doses journalières en moyenne d’antidouleurs et de calmants est passé de 622 millions en 1999 à 713 millions en 2009, soit une augmentation de quelque 15 % en dix ans. C’est fou!

Il faut noter que l’évolution est stabilisée depuis quelques années. De 2006 à 2009, la consommation d’antidouleurs a augmenté de 2 %, tandis qu’elle est restée stable pour les calmants. Cette rupture de tendance pour les somnifères est due, entre autres, aux campagnes de sensibilisation menées par la Santé publique. Ainsi, en 2008, 2 500 généralistes et la quasi-totalité des pharmaciens ont suivi une formation centrée sur l’accompagnement des patients souffrant d’insomnie.

Une possible explication à l’augmentation de la consommation d’antidouleurs est une incidence croissante de la douleur principalement chronique, liée notamment au vieillissement de la population. L’attention portée au syndrome de douleurs aiguës et chroniques par les prestataires de soins peut aussi avoir conduit à de plus fortes prescriptions.

Je ne peux, hélas, vous communiquer les données sur l’usage de ces médicaments chez nos voisins. Il est impossible de rassembler de telles données en 24 heures. Consciente que l’effort doit être poursuivi, j’ai lancé en 2009 une campagne de sensibilisation destinée à la fois au public et aux professionnels de la santé. Des spots télévisés et des dépliants sur le thème « Somnifères et calmants, réfléchissez avant de consommer! Parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien! » soutiennent cette campagne.

Par ailleurs, un manuel élaboré par des équipes universitaires à l’usage des médecins et des pharmaciens a été largement diffusé. Ce manuel met, entre autres, l’accent sur les alternatives aux médicaments, telles que l’accompagnement psychosocial, la relaxation et les règles d’hygiène de vie.

Tout en privilégiant ainsi, d’une part, la sensibilisation des non-consommateurs et des consommateurs récents et, d’autre part, la formation des professionnels de la santé, je ne néglige pas l’importance du temps nécessaire à la sensibilisation des patients dans le cadre des consultations. Si, effectivement, la durée moyenne d’une consultation chez un généraliste est en Belgique de 15 à 20 minutes, le temps varie toutefois selon le motif de consultation de 10 à 45 minutes.

La liste des problèmes qui méritent une consultation plus longue est importante. Sans être exhaustive, je citerai la prise en charge d’une dépression, la mise en place d’un traitement dans le cadre d’une pathologie chronique ou, tout simplement, une première consultation établissant chez un nouveau patient un dossier aussi complet que possible.

Sans exclure une réflexion sur le concept d’une consultation longue, j’ai privilégié jusqu’à présent tant la revalorisation financière de l’acte intellectuel et du dossier médical global que le travail multidisciplinaire impliquant médecins, pharmaciens et paramédicaux, particulièrement importants dans la prise en charge de problèmes tels que l’insomnie ou l’anxiété.

En ce qui concerne plus spécifiquement les antidouleurs, il faut distinguer ceux en vente libre, tels le paracétamol, l’ibuprofène de ceux soumis à prescription médicale. Pour les premiers, le rôle du pharmacien qui délivre ces spécialités est primordial quant aux conseils qu’il peut prodiguer aux patients qui viennent demander des antidouleurs.

Pour les antidouleurs sur prescription, c’est au médecin traitant d’évaluer au mieux la nécessité non seulement du début d’un tel traitement, mais aussi sa durée ainsi que des éventuelles approches alternatives, qui pourraient être préconisées pour la prise en charge optimale des causes sous-jacentes. C’est aussi l’un des rôles de la formation continue au sein des GLEM de remettre systématiquement cette problématique à l’avant-plan pour les médecins participants.

En ce qui concerne la douleur, nous avons fait une réforme d’ensemble. Nous avons voulu, à côté des médecins généralistes et des centres de référence de la douleur, avoir des intervenants de seconde ligne, qui puissent prendre en charge spécifiquement la douleur.

J’espère dès lors que la campagne que nous avons lancée en décembre 2009 et que cette nouvelle organisation de la prise en charge de la douleur dans ce pays, suite aux recommandations des conférences en la matière, permettront d’avoir une maîtrise du phénomène. Nous y reviendrons lors de l’évaluation de ces nouveautés en la matière.

Thérèse Snoy et d’Oppuers (Ecolo-Groen!): Madame la ministre, je voulais souligner l’importance de la valorisation de l’acte intellectuel. Nous en avons encore parlé ce matin, à l’occasion d’une audition concernant l’attractivité de la médecine générale. Je pense qu’il y a encore du travail pour faire en sorte que les généralistes ne soient pas trop tentés par l’acte de prescription plutôt que par un travail d’écoute. Je reconnais que cela requerra effectivement une formation et que ce travail est lourd à porter lorsqu’il y a un trop grand nombre de consultations sur une journée. On en revient donc toujours au problème du manque de généralistes.

De plus, on peut évoquer avec inquiétude l’évolution de notre société, qui cause tant d’anxiété, de stress et de douleur chez les gens.

L’incident est clos.

COMMISSION DE LA SANTE PUBLIQUE, DE L’ENVIRONNEMENT ET DU RENOUVEAU DE LA SOCIETE
du MARDI 26 JANVIER 2010 Après-midi

Question de Mme Thérèse Snoy et d’Oppuers à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l’Intégration sociale, sur « le bisphénol A » (n° 17906)

Thérèse Snoy et d’Oppuers (Ecolo-Groen!): Madame la ministre, je me suis déjà inquiétée à plusieurs reprises au sujet de cette substance présente dans les emballages alimentaires en plastique dur, entre autres dans les biberons.

Des recherches scientifiques démontrent que de telles bouteilles libèrent du bisphénol A dans les aliments qu’ils contiennent. Des risques sanitaires sont reconnus. Vous les aviez effectivement admis tout en précisant que les normes avancées par l’Union européenne étaient suffisantes.

Aujourd’hui, une recherche publiée dans la revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Science), cosignée par des chercheurs de l’INRA français, démontre que notre intestin ne métabolise pas le bisphénol A comme prévu et que cette substance, outre les risques d’effets sur les systèmes reproducteurs, pouvait aussi augmenter le risque d’inflammations intestinales.

Madame la ministre, même si nous restons dans une situation d’incertitude, il est évident que les désavantages du bisphénol A se confirment et que le principe de précaution devrait s’appliquer plus que jamais, d’autant plus que des alternatives au plastique contenant du bisphénol existent. Je pense surtout aux biberons et aux risques encourus par les enfants en bas âge. Au Canada, on a interdit purement et simplement les matières plastiques contenant du bisphénol A, et ce, depuis un an.

Madame la ministre, que pensez-vous de cette évolution? Pourriez-vous prendre des mesures sur base de ces tous ces arguments?

Laurette Onkelinx, ministre: Madame Snoy, la question de l’utilisation de bisphénol A dans la fabrication de matériaux en polycarbonate destinés au contact alimentaire est évidemment bien connue. Les polycarbonates sont des plastiques légers et résistants, qui peuvent être utilisés dans les fours à micro-ondes.

Comme vous le précisez, cette matière est réglementée en Belgique par l’arrêté royal du 3 juillet 2005 relatif aux matériaux et objets en matière plastique destinés à entrer en contact avec les denrées alimentaires. Cet arrêté royal transpose une directive européenne et fixe une limite de migration spécifique stricte pour le bisphénol A. Cette limite a été déterminée sur la base de l’avis scientifique de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Cette Autorité européenne est un organisme scientifique indépendant chargé d’évaluer la sécurité des différents composés entrant dans la composition des matériaux et objets destinés au contact alimentaire.

À la suite de la publication de nouvelles études, l’EFSA, à la demande de la Commission européenne, a procédé à la réévaluation du bisphénol A, à la lumière des nouvelles données disponibles, notamment les données canadiennes et américaines dont il a été fait état dans la presse.

L’EFSA, dans son dernier rapport, a tenu compte de ces dernières études publiées fin 2008 ainsi que de plus de 650 autres études menées sur le bisphénol A. Les conclusions émises dans le rapport de l’EFSA, daté du 22 octobre 2008, indiquent clairement que les critères de sécurité appliqués dans l’état actuel de la réglementation en Europe sont très largement suffisants pour assurer au mieux la sécurité des consommateurs, y compris les plus faibles d’entre eux.

À la suite de la publication de nouvelles données scientifiques en 2009 et auxquelles vous faites référence, la Commission européenne a demandé à l’EFSA de réévaluer le bisphénol A. L’avis de l’EFSA est attendu pour début mai. Cet avis tiendra compte des nouvelles études sur le bisphénol A. Comme c’est la Commission européenne qui réglemente la matière, nous devons bien entendu attendre ce résultat en mai.

Thérèse Snoy et d’Oppuers (Ecolo-Groen!): Madame la ministre, je vous remercie.
Je suis contente d’entendre qu’une nouvelle évaluation est en cours. Je crois que nous devons rester attentifs.

Selon moi, avant de pouvoir mettre en place une réglementation européenne, on pourrait peut-être réaliser un travail d’information du consommateur et promouvoir des alternatives à ces emballages, surtout pour les biberons.

L’incident est clos.

COMMISSION DE LA SANTE PUBLIQUE, DE L’ENVIRONNEMENT ET DU RENOUVEAU DE LA SOCIETE
du MARDI 26 JANVIER 2010 Après-midi

Questions jointes de
- Mme Katia della Faille de Leverghem à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l’Intégration sociale, sur « les centres de jour pour les personnes atteintes de psoriasis » (n° 18180)

- Mme Thérèse Snoy et d’Oppuers à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l’Intégration sociale, sur « l’accès aux traitements des personnes atteintes de psoriasis et la création de centres de jour » (n° 18427)

- M. Josy Arens à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l’Intégration sociale, sur « le traitement et la qualité de vie des patients atteints de psoriasis » (n° 18763)

Katia della Faille de Leverghem (Open Vld): Mevrouw de voorzitter, mevrouw de minister, psoriasis is een chronische huidaandoening die gekenmerkt wordt door rode huidvlekken en witte schilfers. Deze ziekte heeft een belangrijke invloed op de levenskwaliteit, niet alleen door het chronisch karakter ervan, maar ook door de zichtbaarheid van de rode vlekken. Een definitieve genezing bestaat niet. Bovendien gaat de ziekte in vele gevallen gepaard met andere aandoeningen.

Er bestaan verschillende behandelingsmethoden maar elke methode heeft beperkingen. Daarenboven zijn sommige behandelingsmethoden niet altijd haalbaar voor mensen die actief zijn op de arbeidsmarkt of die naar school gaan.

Een mogelijke oplossing voor deze patiënten zou erin bestaan een ambulante combinatietherapie te volgen in een dagcentrum, maar in tegenstelling tot in onze buurlanden, Nederland en Duitsland, beschikt België niet over dagcentra voor deze patiënten.

De voordelen van een behandeling in een dagcentrum zijn nochtans niet min. De meeste dagcentra kunnen immers een multidisciplinaire aanpak bieden, zodat een globale behandeling van de patiënt mogelijk is. Het gaat hierbij om een kwaliteitsvolle en efficiënte therapie die bovendien te combineren valt met arbeid of school. Een ander niet onbelangrijk voordeel is de lagere kostprijs van de behandeling in een dagcentrum tegenover een behandeling in een ziekenhuis.

Mevrouw de minister, ik krijg graag een antwoord op de volgende concrete vragen. Kent u de problemen waarmee de actieve en schoolgaande psoriasispatiënten geconfronteerd worden? Bent u gewonnen voor het oprichten van dagcentra voor deze patiënten? Zult u de mogelijkheid onderzoeken dagcentra op te richten voor deze patiënten? Zo ja, wanneer meent u resultaten te mogen verwachten?

Josy Arens (cdH): Madame la présidente, madame la ministre, nous constatons que la prise en charge de certains patients atteints d’une forme modérée ou sévère du psoriasis ne se fait pas de manière optimale. Le développement d’un nombre restreint de centres de jour pourrait représenter, à notre avis, une alternative intéressante à l’hospitalisation, car l’expérience d’autres pays démontre clairement que le traitement en centre de jour représente une solution mieux adaptée au traitement combiné du psoriasis ainsi qu’aux besoins spécifiques du patient. Il possède d’indéniables avantages, notamment d’être une solution moins onéreuse que les traitements en hôpital qui font, eux, l’objet d’une indemnisation.

Les associations de patients et les professionnels de la santé réclament cet environnement thérapeutique depuis de nombreuses années. La prise en charge du psoriasis a déjà fait l’objet d’un examen et d’un rapport en 2001 par le Comité scientifique des maladies chroniques de l’INAMI.

Certains patients atteints de formes visibles ou invalidantes de psoriasis n’ont pas accès, à l’heure actuelle, à toutes les options thérapeutiques disponibles. Le psoriasis a un impact important sur la qualité de vie d’un patient, d’une part, en raison du caractère chronique de la maladie et, d’autre part, en raison de l’impact social résultant de la visibilité des lésions et l’impossibilité de parvenir à une guérison définitive.
Les personnes atteintes de formes visibles ou invalidantes du psoriasis (mains, pieds, tête, cuir chevelu), mais dont moins de 10 % de la surface de la peau est affectée n’ont pas accès au remboursement de toutes les thérapies disponibles, notamment les médicaments biologiques.

Madame la ministre, quelles initiatives comptez-vous prendre pour améliorer le traitement et la qualité de vie des patients atteints de psoriasis?

Thérèse Snoy et d’Oppuers (Ecolo-Groen!):
Madame la ministre, nous avons assisté tous les trois à une séance ici au Parlement lors de laquelle nous avons reçu les associations de victimes de cette maladie. Mes questions portent sur les mêmes points.

Le traitement en centre de jour peut-il être remboursé?

Pourrait-on adopter d’autres critères que celui du pourcentage du corps qui est touché? Je songe à des critères qualitatifs qui permettent de prendre en compte les endroits précis du corps où se situent les rougeurs et les formes visibles et invalidantes de cette maladie.

Laurette Onkelinx, ministre:
Madame Snoy, en Belgique, les patients psoriasiques ont accès à une vaste offre de traitements en fonction de la sévérité de l’affection. Je suis cependant consciente que certains patients, atteints d’une forme modérée ou sévère pour laquelle une hospitalisation est contre-indiquée, ne peuvent être traités de façon optimale.

À l’occasion de la journée mondiale du psoriasis, fin octobre 2009, j’ai aussi été interpellée par des associations de patients et divers spécialistes, afin de permettre le remboursement des prises en charge en centre de jour. À la suite de ces interpellations, j’ai demandé au comité consultatif des maladies chroniques et affections spécifiques de l’INAMI d’examiner le dossier « centre de traitement de jour du psoriasis ». Dans les prochaines semaines, le comité va actualiser les informations concernant le traitement du psoriasis, évaluer les besoins en centre de traitement pour les patients qui en sont atteints, mais également pour les patients atteints d’autres affections dermatologiques. J’attends une proposition concrète pour fin mars.

En ce qui concerne le remboursement des médicaments biologiques indiqués dans le traitement du psoriasis, la commission du remboursement des médicaments s’est basée sur la recommandation reconnue par l’Agence européenne des médicaments ainsi que sur les indications enregistrées des produits concernés, tels que le degré de sévérité de l’affection ou encore l’absence de réponse, la contre-indication ou la mauvaise tolérance à d’autres traitements systémiques.

Les critères les plus employés pour la classification de la sévérité du psoriasis sont les scores BSA (Body Surface Area) et PASI (Psoriasis Area and Severity Index). Ces critères sont notamment utilisés dans les études cliniques nécessaires pour obtenir l’enregistrement de l’indication concernée au niveau européen.
En Belgique, le remboursement de ces traitements biologiques est octroyé aux personnes ayant un score BSA ou PASI supérieur à 10 %. En plus du score BSA comme critère de surface, l’échelle PASI tient compte de la sévérité des lésions permettant une évaluation liée à la qualité de vie du patient.

Étant donné qu’il n’existe pas de critère « diagnostic validé », l’identification du groupe cible est réalisée au mieux possible par des critères cliniques, afin que tous les patients démontrant une nécessité médicale bénéficient de l’accès à ce traitement.

Ces critères de remboursement ont notamment été choisis pour des raisons de coût et de sécurité. L’administration de tels médicaments pour le traitement de petites surfaces occasionne des effets indésirables. Il existe, par ailleurs, des traitements alternatifs locaux pour des lésions touchant de petites surfaces.

Je tiens également à vous informer que, dans le cadre des initiatives 2010 du programme « maladies chroniques », j’ai décidé d’allouer un montant de 750 000 euros pour améliorer le remboursement des produits dermatologiques. Dans cette logique, j’ai demandé au comité consultatif « maladies chroniques » d’identifier le groupe cible et les types de produits utilisés sur le plan thérapeutique afin d’élaborer une proposition d’intervention pour les produits dermatologiques non remboursés pour les malades chroniques. L’avis du groupe de travail devrait être connu au cours du premier semestre de cette année.

Katia della Faille de Leverghem (Open Vld): Mevrouw de minisster, ik ben blij dat u de piste van de dagcentra zult onderzoeken. Ik ben benieuwd naar de resultaten van eind maart 2010. De budgettaire impact is niet te onderschatten. De jaarlijkse kost voor een behandeling met twee kuren in een dagcentra bedraagt 4 500 euro, terwijl een behandeling in een ziekenhuis kan oplopen tot 11 500 euro.

Josy Arens (cdH): Madame la ministre, je vous remercie pour votre réponse. J’ai bien compris que nous évoluions dans la bonne voie pour ce qui est des centres de jour. Je voudrais néanmoins insister sur la problématique des personnes qui doivent être traitées sur des surfaces inférieures de 10 %. Souvent, ces parties sont très visibles et sont handicapantes socialement. Je souhaiterais qu’on en tienne compte davantage.

Thérèse Snoy et d’Oppuers (Ecolo-Groen!): Madame la ministre, en effet, l’aspect visibilité en lien avec la vie sociale doit être pris en considération.

L’incident est clos.

Comments (3)

Jacquesmars 9th, 2010 at 16:19

Au sujet du bisphénol A (BPA) …

http://www.lesoir.be/actualite/sciences_sante/2010-03-05/9-biberons-sur-10-seraient-dangereux-756983.shtml

9 biberons sur 10 seraient dangereux

vendredi 05 mars 2010, 09:22

Neuf biberons sur 10 contiennent du bisphénol A (BPA), une molécule qui serait à l’origine de nombreux cancers mais aussi de cas de stérilité ou encore d’obésité. Le sénateur Philippe Mahoux (PS) propose de les interdire.

Neuf biberons sur 10 contiennent du bisphénol A (BPA), une molécule qui serait cancérigène. Le sénateur Philippe Mahoux (PS) propose donc de l’interdire purement et simplement, rapportent les quotidiens du groupe Vers l’Avenir dans leurs éditions de vendredi.

Le bisphénol A est un produit chimique industriel utilisé comme additif dans la fabrication des matières plastiques et qui rend le matériau plus dur et plus transparent. On le retrouve notamment à l’intérieur des boîtes de conserve, certains plastiques alimentaires et la majorité des biberons.

Le bisphénol A, une molécule qui serait à l’origine de nombreux cancers mais aussi de cas stérilité ou encore d’obésité, est, en outre, soupçonné de perturber le système endocrinien chez l’être humain. Des troubles du comportement et de la reproduction ont été observés sur les animaux de laboratoire.

Jacquesmars 22nd, 2010 at 12:19

Il y a un problème général en ce qui concerne les matières plastiques ainsi qu’au sujet des effets de faibles expositions.

Si l’anglais ne vous rebute pas :

http://www.eurekalert.org/pub_releases/2010-03/asu-pop031910.php

Extrait :

 » This January, the FDA announced an important reversal of its 2008 claims regarding the safety of bisphenol-A, expressing new concern about « potential effects of BPA on the brain, behavior and prostate gland of fetuses, infants and children, » and pledging to collaborate with other federal health agencies to reevaluate the chemical’s safety.

Studying the effects of low-dose exposure is tricky, usually requiring a very large number of study subjects. Instead, epidemiologists tracking the problem frequently base their conclusions on data gathered from individuals known to have unusually high levels of a chemical—often the result of high-level occupational exposure. Halden insists that further study on low-dose exposure is essential to settle the matter of health risks, noting some evidence in the literature suggests that high-dose studies may be inadequate to properly understand toxic effects from continuous low-level exposures. »

Jacquesmars 25th, 2010 at 23:04

Sur la situation en France …

http://www.guerir.org/magazine/bpa-bisphenol-biberons-senat-035

La bataille du Bisphénol A rebondit au Sénat

Posté le 25/03/2010

La Ministre de la Santé défend l’idée d’un principe de précaution surtout soucieux des intérêts des industriels du plastique. « Il ne faut pas interdire l’usage du BPA puisque les données concernant l’innocuité de ses substituts sont rares » a-t-elle répondu mercredi 24 mars 2010 aux Sénateurs français qui venaient de voter la suspension de la commercialisation des biberons produits à base de bisphénol A. Une philosophie très permissive à l’heure où les soupçons sur ce produit sont repris jusqu’aux agences officielles.

L’argument de la Ministre de la Santé selon lequel « Il ne faut pas interdire l’usage du BPA puisque les données concernant l’innocuité de ses substituts sont rares » est doublement déraisonnable. D’abord parce que les substituts aux biberons en plastique existent et sont utilisés. Ils sont même désormais les seuls à être utilisés dans les crèches de certaines villes comme Paris et Lyon. Le plus connu de ce substituts est… le verre, pour lequel les scientifiques disposent semble-t-il de suffisamment de données depuis les temps reculés où il a été utilisé pour conditionner les aliments. Il s’agit sans doute de la part de Mme. Bachelot d’une imprudence de langage.

Mais sur le fond l’argument est plus gênant encore, venant d’une Ministre en charge de notre santé. Ne pourrait-on pas se prononcer sur la dangerosité d’un produit tant que les industriels ne disposaient pas d’un produit de rechange pour alimenter le marché ?

Rappelons que l’Afssa, l’Agence de sécurité sanitaire des aliments, avait fini par reconnaître qu’il y avait dans les études des « signaux d’alerte » qui l’ont incité à recommander des mesures de précautions, notamment la recommandation de ne pas chauffer des récipients contenant du BPA pour éviter un relargage de ce produit dans les aliments. Elle précisait néanmoins que le BPA ne comportait « pas de risques » pour la consommation. L’agence française intervenait après la prise de position de la FDA américaine qui annonçait pour la première fois des mesures pour arrêter la production de biberons utilisant du BPA.

Le BPA est un perturbateur endocrinien soupçonné d’être lié à l’infertilité, à l’obésité et à certains cancers. Il est présent dans le sang de plus de 90% des gens, étant donné son utilisation très répandue pour rigidifier les plastiques. Son action semble se déclencher même à très faible dose et il pourrait être particulièrement nocif lors de certaines périodes du développement de l’embryon lors de la grossesse.

Les associations comme le Réseau Environnement Santé militent depuis plusieurs années pour son interdiction en vertu du principe de précaution, inscrit dans la Constitution française. Selon André Cicolella, porte-parole du RES, « les sénateurs ont fait un grand pas en avant en accréditant les études scientifiques qui prouvent la toxicité du BPA lorsque les nourrissons y sont exposés par la contamination alimentaire, notamment via les biberons. »

Sur le web :

Afssa, l’Agence de sécurité sanitaire des aliments

European Food Safety Authority (EFSA)

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