Production du lait : Il faut profiter de la présidence belge pour soutenir les petits producteurs et un modèle d’agriculture durable

Le programme de la présidence belge en matière agricole est chargé d’enjeux essentiels pour l’avenir de notre agriculture. Ces enjeux sont déterminants pour le bien être des consommateurs, pour la survie de l’emploi agricole et pour la sauvegarde et la restauration des ressources environnementales.

Pour Ecolo, la présidence belge du conseil agriculture doit contribuer à réorienter la politique agricole européenne en faveur de la qualité alimentaire, de l’emploi et de la biodiversité. Le premier grand test de la Belgique aura lieu ce 12 juillet.

Ce lundi, le Conseil agricole doit en effet examiner le rapport du « groupe d’experts de haut niveau » qui contient des propositions pour renforcer les producteurs laitiers face à la volatilité des prix. Le problème est que ce rapport se limite à faire des propositions en matière de regroupement de producteurs et de contractualisation entre producteurs et laiteries mais n’apporte pas de réponse satisfaisante au risque de volatilité des prix.

Par ailleurs, les écologistes estiment que la contractualisation ne va pas réguler la production européenne. Si elle peut favoriser les grands producteurs dans certaines conditions, difficiles à réunir, elle risque une nouvelle fois de laisser perdants les petits producteurs.

Ces petits producteurs sont pourtant menacés. La production laitière belge a augmenté de 6% au cours des 3 dernières années alors qu’en 2009, le nombre de fournisseurs laitiers a diminué de 6,4%. Et à la fin de 2009, la Belgique ne comptait plus que 9.963 fournisseurs laitiers.

Tout converge pour constater que le secteur laitier perd des emplois, se concentre sur des exploitations de plus en plus grandes, intensives, tournées vers l’exportation, avec tous les risques liés à l’instabilité des prix sur le marché mondial, avec de grandes conséquences environnementales négatives.

Ecolo demande donc à la Ministre Laruelle qui préside ce conseil agricole ce lundi, de renvoyer les « experts de haut niveau » à leurs travaux pour qu’ils apportent des propositions plus conséquentes en termes de régulation de l’offre et des prix. L’UE doit se fixer comme objectif des prix du lait équitables à la production ce qui nécessite une maitrise de l’offre et une répartition juste de la production entre les pays et entre les producteurs. La Belgique a une première occasion ce lundi d’entamer le chemin vers ces objectifs.

Thérèse Snoy
Députée fédérale Ecolo-Groen !

Patrick Dupriez
Député wallon

Isabelle Durant
Députée européenne

Comments (1)

Jacquesaoût 18th, 2010 at 10:14

18/08/2010 10:03

PARIS (AFP) – Eleveurs et industriels reprennent les négociations sur les prix du lait

Les éleveurs et fabricants de produits laitiers se retrouvent mercredi pour tenter de trouver un accord sur une hausse du prix du lait pour 2010 et ouvrir une perspective pour 2011.

Cette rencontre aura lieu l’après-midi dans un lieu qui n’a pas été divulgué. Au centre des négociations, la fixation du prix du lait pour l’année 2010. Les producteurs de lait souhaiteraient voir les tarifs réhaussés de près de 10% comparé à 2009.

Dans le même temps, les parties devraient se mettre d’accord sur les prix du troisième trimestre qui ne sont toujours pas connus alors que le lait est déjà livré depuis juillet.

Depuis plusieurs semaines, les négociations achoppent sur la demande des industriels de réduire l’écart entre les prix du lait français et allemand, moins cher. Ils se disent favorables à un relèvement des tarifs pour 2010 mais à la condition que la compétitivité de la France face au lait outre-Rhin se redresse dès 2011.

Jeudi dernier, les producteurs de lait avaient réussi à décrocher un début d’accord sur une hausse de prix, ce qui les avait conduits à suspendre jusqu’à la prochaine réunion leurs opérations de boycott de certains produits phares des industriels.

En effet, les semaines précédentes, ils avaient mené des campagnes d’étiquetage dans les grandes surfaces appelant les consommateurs à ne pas acheter certains produits de Bel (Vache qui rit), Bongrain (Caprice des Dieux) et Lactalis (camembert Président), notamment.

En mars, lors d’une des dernières crises du secteur, le gouvernement avait imposé un accord qui prévoyait notamment la prise en compte d’un indicateur de compétitivité.

Ce critère devait entrer en vigueur le 1er juillet mais aucun accord n’a pu être trouvé sur la façon de le calculer, les producteurs de lait entendant profiter de la reprise sur les marchés mondiaux après une année 2009 « catastrophique » avec une baisse de plus de 50% de leurs revenus.

Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, leur avait apporté son soutien la semaine dernière, soulignant que les éleveurs devaient être « correctement rémunérés ».

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