Ce 14 novembre 2011, Belgacom confirme, par voie de presse, son intention de faire de ses clients abonnés Internet, à leur insu, des réémetteurs WiFi en utilisant leurs routeurs comme autant de points d’accès.
La société table sur +/- 700 000 points d’accès supplémentaires par ce biais, grâce auxquels il sera possible pour les abonnés Belgacom d’accéder à Internet depuis des lieux, publics ou non, plus ou moins proches de ces B-box.
Cette innovation ne peut qu’apparaître a priori sympathique puisqu’il s’agit d’un service supplémentaire gratuit basé sur un partage efficace de ressources.
Néanmoins, une analyse critique du système mis en place s’impose.
La façon de procéder de Belgacom est en elle-même critiquable puisque la société va d’abord procéder à la mise à jour permettant l’utilisation de la B-box comme point d’accès aux abonnés Belgacom, puis informera ses clients qu’ils peuvent s’opposer au partage de leur B-box et donc refuser d’être un réémetteur.
Cette innovation sera présentée comme un service supplémentaire d’accès au wifi …des autres. Ca ne se refuse pas et Belgacom fera donc de ses abonnés des réémetteurs qui s’ignorent !
De plus, logiquement, ne pas laisser sa B-box allumée 24h/24 sera contraire au contrat entre Belgacom et l’abonné. Plus question dès lors d’éteindre son wi-fi quand on ne l’utilise pas, comme cela est recommandé pour limiter une exposition inutile aux ondes électromagnétiques !
Outre une augmentation du nombre de points d’accès WiFi à enregistrer, nous avons peine à croire l’opérateur quand il affirme que son système de partage n’entraînera pas une augmentation du rayonnement. Les échanges de données entre l’émetteur et les terminaux impliquent en effet vraisemblablement des émissions à la hausse chez les particuliers qui accepteront ces B-box ré-émettrices. [1]
Pourtant Belgacom n’a pas prévu une mise en garde de ses abonnés par rapport aux risques pour leur santé ou leur bien-être. Or, laisser son routeur WiFi allumé en permanence, parfois à proximité de lieux où l’on séjourne plus ou moins longuement n’est pas recommandé.
Par ailleurs, la législation bruxelloise s’applique à l’ensemble des radiofréquences, en ce compris les ondes émises par les antennes relais de télécommunication mobile, les antennes paraboliques de faisceau hertzien et les bornes WiFi (commerciales ou installées pour le compte d’acteurs publics ou institutionnels). Le fait de faire de ses abonnés des émetteurs vers d’autres personnes qui ne sont pas du cercle privé pourrait ressortir d’un usage commercial imposant à Belgacom de comptabiliser les bornes d’accès WiFi B-box comme points d’accès…
L’activation potentielle de 700.000 B-box comme routeurs WiFi s’inscrit dans un mouvement accéléré de multiplication des sources d’émissions d’ondes électromagnétiques et d’accroissement de notre niveau d’exposition permanents à celles-ci.
Or ce développement des technologies sans fils, malgré les risques sanitaires qu’il représente, reste peu ou pas encadré réglementairement et il devient, par exemple, de plus en plus difficile de protéger les personnes hyper-électro-sensibles dans l’espace public. Actuellement l’investissement de Belgacom n’est soumis à aucune autorisation…
Les députés Ecolo, Thérèse Snoy, Dominique Braeckman et Patrick Dupriez interrogeront d’urgence les Ministres concernés afin qu’une évaluation indépendante de l’impact du système WiFi gratuit de Belgacom sur l’augmentation de l’exposition du public aux ondes électromagnétiques soit réalisée et qu’une clarification législative soit effectuée.
Thérèse Snoy, Députée fédérale
Dominique Braeckman, Députée bruxelloise
Patrick Dupriez, Député wallon
-15 novembre 2011-
[1] « Les bornes et box Wi-Fi émettent un signal balise périodique qui permet l’identification et la connexion d’équipements Wi-Fi (ordinateurs, consoles de jeu, téléphones…) dans une zone donnée. Ce signal balise a une puissance très faible ; de l’ordre de 0,001 W. A ce signal s’ajoutent des ondes radio lorsqu’ils envoient ou reçoivent des données. Par exemple, lorsque qu’un utilisateur accède à une page web depuis un ordinateur connecté en Wi-Fi, tant l’ordinateur que la box émettent des ondes radio pendant l’opération du chargement de la page web, de l’ordre de 100 fois supérieur à la puissance de la balise. »
Ecolo se réjouit du vote par une très large majorité en Commission de la santé publique de la Chambre d’une résolution visant à assurer la continuité de l’aide alimentaire européenne aux plus démunis.
Comme le blocage persistait au Conseil européen des Ministres de l’Agriculture, les députés ont été unanimes pour demander que, si aucun compromis ne pouvait être trouvé d’ici la fin de l’année, un budget soit libéré au niveau national, en collaboration avec les Régions, pour assurer l’approvisionnement des banques alimentaires en 2012.
Le groupe Ecolo-Groen ! a pu obtenir par un amendement, de veiller à la qualité nutritionnelle et au caractère durable des aliments distribués, en privilégiant les produits frais, régionaux et de saison.
Par contre, étonnamment, nos amendements en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire et d’une concertation avec le secteur de la distribution en vue de redistribuer les invendus non périmés, n’ont pas été acceptés par les autres groupes politiques.
Si on peut apprécier le consensus parlementaire pour parer aux besoins urgents, il est clair que la mise en œuvre de mesures plus structurelles de lutte contre le gaspillage et de redistribution sociale reste un chemin semé d’obstacles politiques.
Thérèse SNOY
Députée fédérale
Bruxelles, le 8 novembre 2011
Le programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD) fournit actuellement une aide alimentaire à 18 millions de personnes vivant dans la pauvreté dans 19 Etats membres. Six de ces États sont à ce jour opposés à la poursuite du PEAD parce qu’ils estiment que la politique agricole commune n’a pas à financer une aide de nature sociale et le dernier Conseil des ministres européens de l’Agriculture n’a pas permis de sortir du blocage.
Cette querelle juridique entre Etats membres de l’UE entraînera une diminution de près de 80 % des moyens financiers alloués aux banques alimentaires européennes. Que des millions de citoyens en Europe aient besoin de colis alimentaires pour survivre est déjà inacceptable mais que cette bouée de sauvetage puisse leur être retirée en pleine crise sociale est absolument inconcevable.
En Belgique, l’aide européenne approvisionne 116. 000 personnes à hauteur de 30 millions d’euros. En Wallonie, ce sont près de 2 millions d’euros qui viendraient à manquer en cas d’arrêt du programme européen.
En l’absence de solution européenne, les autorités fédérales et régionales doivent d’urgence envisager une alternative permettant aux banques alimentaires de jouer leur rôle durant les prochains mois.
Au Parlement wallon, le Ministre Lutgen s’est engagé à inscrire les 2 millions d’euros nécessaires au budget régional 2012. Mais, la solidarité interpersonnelle étant une compétence fédérale, Ecolo demande aux négociateurs fédéraux de prévoir dans le budget fédéral 2012 une contribution aux banques alimentaires.
Les écologistes wallons et fédéraux demandent – à travers deux propositions de résolutions – que le secrétaire d’Etat à la lutte contre la pauvreté réunisse dans les plus brefs délais la conférence interministérielle de l’intégration sociale et y associe les ministres de l’agriculture concernés afin d’inscrire l’aide alimentaire dans une dynamique territoriale intégrant tous les acteurs des filières agro-alimentaires.
Ecolo demande en outre que soit évalué et le cas échéant réactivé l’accord signé en janvier 2009 à l’initiative de Benoît LUTGEN, Ministre de l’Agriculture, entre la Région wallonne, la FEDIS (Fédération de la Distribution), la FEVIA Wallonie (Fédération de l’Industrie Alimentaire) et la Fédération des banques alimentaires pour « inviter les entreprises à réduire leur éventuel gaspillage alimentaire en faisant un » don » aux banques alimentaires ».
Au-delà de l’urgence à mettre en place un dispositif pour pallier à la suppression du PEAD, la priorité reste néanmoins à nos yeux de relever les allocations sociales au niveau du seuil de pauvreté. Il faut également tendre vers une individualisation des droits sociaux pour éviter que tant de personnes ne sombrent dans la pauvreté et aient besoin d’avoir recours à de l’aide alimentaire..
Thérèse Snoy Patrick Dupriez
Députée fédérale Député wallon
Le Commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos, a communiqué son dernier projet de réforme de la Politique agricole commune pour 2014 aux instances européennes (le Parlement et le Conseil).
Depuis quelques jours, chaque organisation y va de sa critique. Visiblement personne n’est content, ni les environnementalistes, ni les agriculteurs paysans, ni l’agro-industrie. D’un côté les craintes de pertes de revenus parfois brutales dues à la redistribution des subventions, et de l’autre une déception devant le manque de réorientation du modèle agricole. De plus, ce serait sans compter plusieurs dimensions peu commentées : la question de la dette écologique et les impacts de la PAC sur le Sud.
En maintenant la possibilité pour des exploitants peu actifs de bénéficier des subventions et en appliquant le plafonnement des aides seulement à partir de 300.000 €, la réorientation des paiements directs n’atteint pas les objectifs d’équité et de soutien à l’emploi que nous espérions. Il faut renforcer encore bien plus le soutien aux exploitations petites et moyennes réparties sur le territoire. En tant qu’écologistes, nous partageons les craintes exprimées par les organisations agricoles sur le risque de perte de revenus de nos agriculteurs qui pourrait amplifier encore la disparition de nos exploitations, et particulièrement de celles qui font le tissu rural que nous voulons préserver en Wallonie..
Nous partageons également les critiques sur la faiblesse du verdissement de la PAC. Le projet de M.Ciolos prévoit que des paiements supplémentaires seront accordés aux exploitations qui pratiquent le bio, et aussi à celles qui respectent des règles d’assolements des cultures, mais ces conditions ne vont pas plus loin que de la bonne gestion élémentaire. Pour nous, l’éco-conditionnalité (c.à.d. conditionner l ‘octroi des aides à ceux qui respectent les bonnes pratiques) doit être renforcée pour tous, progressivement et sûrement. La protection et la requalification biologique des sols, la protection de nos ressources en eau et de la biodiversité survivante de nos campagnes n’a pas de prix. Elle doit être le souci de tous, par devoir pour les générations futures. Et nous l’affirmons d’autant plus que, loin d’être une entrave, cette protection et revalorisation de nos ressources est justement la base d’une productivité durable. Nous soutenons par contre les avantages offerts à l’agriculture bio et les 7% obligatoires de surfaces « réservoirs écologiques ».
Mais la dimension oubliée du « verdissement » est la prise en compte de la dette écologique considérable de notre production et consommation alimentaire. En effet, nos animaux sont nourris principalement de protéines végétales importées, ceci en raison d’antiques accords commerciaux qui accordent des avantages tarifaires aux Etats-Unis et aujourd’hui à d’autres pays devenus gros producteurs de soja. L’UE importe 80 % de sa consommation de protéagineux. Le Parlement européen s’est récemment exprimé en faveur d’un développement des cultures de protéagineux en Europe, qui aurait de multiples avantages : réduire notre dépendance aux importations et donc à l’instabilité des cours mondiaux, réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à ces importations et l’overdose d’azote importée qui pollue nos rivières, bénéficier des avantages agro-environnementaux de ces cultures chez nous ( dont la lutte contre l’érosion, l’enrichissement des sols, …) et aussi orienter notre consommation vers un régime moins carnivore.
La Commission doit donc prendre ce défi à bras le corps dans le cadre de la PAC, oser porter l’affaire à l’OMC s’il le faut, et de sortir de sa schizophrénie entre politique agricole et politique commerciale.
Si on comptabilisait la production des céréales et des protéagineux importés dans nos émissions européennes de gaz à effet de serre, ce qui serait logique, nos résultats seraient loin d’être avouables.
Une autre critique qui apparaît peu dans les commentaires sur le projet de M.Ciolos, est celle de l’impact de ces aides publiques sur les marchés extérieurs à l’Union. « La PAC est une contradiction de 50 milliards d’euros à l’engagement de l’Union Européenne d’aider l’agriculture du monde en développement à se remettre d’aplomb, et elle le restera avec les plans de réforme d’aujourd’hui » nous dit Olivier de Schutter, rapporteur spécial aux Nations Unies pour le droit à l’alimentation. « L’objectif de ‘nourrir le monde’ ne peut justifier le maintien de subventions agricoles colossales en Occident. Si la production alimentaire augmente parallèlement à une plus grande marginalisation des petits paysans des pays en développement, nous perdrons la bataille contre la faim et la malnutrition. ». Même si les restitutions à l’exportation ont et vont diminuer, les aides accordées à nos agriculteurs ne peuvent être légitimes que si la production européenne est orientée sur son marché intérieur et si par ailleurs les pays du sud sont autorisés à se protéger de nos exportations, à exercer leur souveraineté alimentaire.
Nous ne retrouvons pas ce souci dans le projet de la commission et pas non plus d’analyse sérieuse de l’impact de la nouvelle PAC sur les marchés du Sud.
Là nous rejoignons également les revendications de régulation exprimées par les organisations agricoles. Si les quotas sont supprimés, quels instruments la Commission veut-elle mettre en place pour éviter la volatilité des prix et le dumping sur le marché mondial ?
La Commission doit vraiment travailler des deux mains à cette réforme, et cesser de se voiler la face devant les contradictions entre sa politique agricole et sa politique commerciale.
Thérèse Snoy, députée fédérale Ecolo Groen !
18-10-11
Les rapports rendus publics ce mardi 27 septembre par l’ANSES ( agence française de sécurité sanitaire, de l’alimentation et du travail) sont catégoriques sur les dangers du Bisphénol A qui est largement utilisé dans les plastiques en contact avec les aliments.
Cette substance peut « avoir des effets plus importants à très faible niveau d’exposition qu’à haut niveau» dit l’ANSES.
Cette prise de position est aussi une révolution toxicologique, car elle reconnaît que la dose ne fait pas l’effet (principe de Paracelse) et remet en cause les avis de l’agence européenne ( AESA) pourtant récents.
La France fait œuvre de pionnière dans la lutte pour protéger ses citoyens de l’exposition aux perturbateurs endocriniens. L’Assemblée nationale a adopté en première lecture en mai dernier une proposition de loi visant l’interdiction totale de ceux-ci. Rappelons les risques sur le système hormonal de ces substances, qui sont pourtant présentes dans beaucoup de produits quotidiens.
Quand la Belgique suivra t’elle ? Faudra t’il encore attendre un consensus européen ? ou osera t’on anticiper et protéger les consommateurs de risques qu’ils ne peuvent maîtriser puisque la présence de ces substances ne figure sur aucune étiquette !
Une proposition de loi a été déposée à la Chambre et une résolution au Sénat. par Ecolo-Groen !, pour bannir le bisphénol A dans les emballages alimentaires.
Espérons que le prochain gouvernement pourra prendre ses responsabilités rapidement à ce sujet !
Le Soir du 27 septembre relaie l’appel lancé par l’Agence française du médicament qui dénonce les effets négatifs sur le foie de la pilule anti-obésité Alli, fabriquée par GSK, qui est commercialisée sans prescription depuis juin 2009 !
A cette époque j’avais protesté contre le fait que cette pilule échappait à la prescription médicale et risquait de donner des illusions néfastes aux personnes en surpoids. La presse avait annoncé son arrivée à grands titres sur le marché. Or l’obésité ou le surpoids ne se résolvent pas avec une pilule magique ; ils nécessitent une approche globale incluant le recours à la nutrition, l’activité physique, et un suivi médical global.
La Ministre de la Santé que j’avais interpellée à l’époque, avait reconnu les risques de cette mise en vente libre mais n’avait pu l’empêcher en raison d’un agrément donné par l’Agence européenne du médicament et entraînant l’impossibilité pour les Etats membres de s’opposer à la vente libre.
« Cela s’est passé au niveau européen, par des agents…C’est comme cela. Il y avait des médecins présents, des représentants du corps médical. Ils ont peut-être été soumis aux pressions des lobbies: je n’accuse personne mais je ne dis pas non plus que cela n’est pas arrivé ».
Aujourd’hui, on découvre qu’en plus de ne rien résoudre, cette pilule peut entraîner des effets hépatiques graves.
Alors quoi, on agit ou on laisse encore une fois le commerce pharmaceutique tout gagner ! ?
Il faut d’urgence suspendre la vente libre de cette pilule en attente d’une évaluation approfondie de ses effets secondaires, et que, de toutes façons, une prescription soit nécessaire pour l’acquérir.